LES EFFETS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SUR LEs particules en suspension ET IMPACT SUR LES ALLERGIES RESPIRATOIRES


Les particules en suspension sont toutes les particules solides et liquides suspendues dans l’air dont bon nombre sont dangereuses. Ce mélange complexe contient entre autres de la poussière, du pollen, de la suie, de la fumée, et des gouttelettes.

Ces particules ont diverses tailles. Elles peuvent être grossières ou fines ou même ultrafines. Elles varient aussi en termes de composition et d’origine.

En Europe, le sulfate et la matière organique sont les principaux composants de la pollution de l’air par les particules (par rapport à la masse des particules). La poussière minérale, le nitrate et la suie peuvent également être des composants principaux sous certaines conditions.

Des effets cumulés supérieurs à la somme des effets individuels

Lorsque les particules en suspension et d’autres polluants de l’air sont présents en même temps, les effets individuels de chaque polluant sont cumulés. Dans certains cas, particulièrement en présence d’ozone ou d’allergènes, il a été démontré que les effets étaient même supérieurs à la somme des effets individuels. Quand les particules en suspension interagissent avec des gaz, cette interaction change leur composition et, par conséquent, leurs effets.

L’impact sur la santé publique de l’exposition à long terme aux particules en suspension est probablement plus grand que celui de l’exposition à court terme à des pics de concentrations. L’exposition à long terme touche particulièrement les populations vivant près des routes à grande circulation.

Ce sujet a donné lieu à de nombreuses études scientifiques depuis les années 2000. [1]

Les particules fines pénètrent plus loin dans les voies respiratoires

Elles exacerbent le pouvoir irritant et allergisant des allergènes

Quels effets sur la santé ? Une augmentation du nombre de consultations et d’hospitalisations est habituellement observée lors des pics de pollutions aux particules fines. Chez les personnes en bonne santé, la pollution aux particules fines favorise la toux et les irritations des yeux et de la gorge. En plus d'irriter les muqueuses, ces polluants, recrachés en majorité par les véhicules au diesel, les cheminées d'usines ou encore le chauffage urbain, pénètrent facilement l'arbre pulmonaire, jusque dans les petites bronches et les alvéoles où s’effectuent les échanges gazeux. Elles peuvent alors provoquer une irritation des bronches et déclencher ou aggraver une réaction allergique ou asthmatique. Les effets sont évidemment variables selon les individus : les personnes âgées, les femmes enceintes, les bébés, les personnes présentant des problèmes respiratoires (asthme, bronchite chronique), les malades chroniques (pathologies cardio vasculaires, diabète), mais aussi les fumeurs qui sont plus susceptibles d’être affectés par les particules fines. A noter également qu'en période de libération de pollens, les particules fines favorisent leur pénétration dans les petites bronches, aggravant alors les symptômes des allergiques. L’Institut de veille sanitaire (InVS) s’intéresse depuis quelques années à l’impact à court terme de ces particules en suspension sur la mortalité dans les grandes villes françaises. Dans une étude publiée en janvier dernier, il affirmait que cette pollution pouvait provoquer des décès liés à des accidents cardiovasculaires, en particulier après 75 ans et en période estivale.

A long terme, et selon l'OMS, l’exposition régulière aux particules fines (classées cancérigènes depuis 2012) est responsable d’une diminution de l’espérance de vie, avec une augmentation des cancers bronchiques. Elles peuvent par ailleurs favoriser l'apparition de l’asthme et des allergies.

Source

Le réchauffement climatique augmentera les taux de particules en suspension

On sait que la pluie peut réduire la concentration de matières particulaires dans l'air. Étant donné que la configuration des précipitations est plus difficile à prédire, l'incertitude demeure quant aux répercussions des changements climatiques sur les matières particulaires. Cependant, les recherches (5è rapport du GIEC paru en 2014) ont démontré que les changements climatiques pourraient augmenter la fréquence et l'intensité des feux de forêt, augmentant la concentration de matières en suspension, et qu'il y aura plus d'événements météo violents (vents / tempêtes) qui pourront occasionner des suspensions minérales supplémentaires.

p. 24 - Résumé du 5è rapport du GIEC

Des éléments issus des observations et de la modélisation indiquent que, toutes choses égales par ailleurs, des températures en surface localement élevées dans des régions polluées déclencheront des rétroactions chimiques régionales et des émissions qui augmenteront les pics de concentration d’ozone et de PM2,5 (degré de confiance moyen). Pour les PM2,5, le changement climatique pourrait altérer les sources naturelles d’aérosols, ainsi que le lessivage des aérosols par les précipitations, mais aucun degré de confiance n’est fourni quant à l’incidence du changement climatique sur la distribution des PM2,5.

 


[1] Report on a WHO working group january 2003 p. 7 à 29- Health aspect of air pollution with particulate matter, ozone an nitrogen dioxide http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0005/112199/E79097.pdf