Rapport ANSES 2014 

Etat des connaissances sur l'impact sanitaire lié à l'exposition de la population générale aux pollens présents dans l'air ambiant

 

(Extraits du rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail)

 

Depuis quelques décennies, la date de début de pollinisation de nombreuses espèces végétales tend à devenir plus précoce, de quelques jours à plus d’une quinzaine de jours, ce qui a pour conséquence d’allonger la durée de la pollinisation en moyenne d’une quinzaine de jours. Ce phénomène pourrait être attribué au changement climatique.

 

Des études expérimentales montrent que l’élévation des températures atmosphériques et de la concentration en CO2 rend certains pollens plus allergisants. 

 

Le changement climatique pourrait également influencer la répartition géographique des plantes, avec une translation du sud vers le nord de certaines espèces (olivier, frêne). Cependant, cette translation est davantage due à l’homme qui profite de l’évolution du climat pour implanter ces espèces dans de nouvelles zones. Les modèles reliant augmentation des températures et cartes de végétation dans 50 ou 100 ans prédisent une translation généralisée des espèces vers le nord. 

 

Les polluants chimiques peuvent également modifier le contenu protéique des grains de pollen, donc modifier leur potentiel allergisant. Mais à l’heure actuelle, s’il est possible d’affirmer que la pollution atmosphérique augmente le potentiel allergisant des grains de pollens dans certains cas, l’effet inverse a également été observé.

Enfin, il a été démontré expérimentalement que les allergènes du pollen pourraient s’adsorber sur des particules, notamment des suies caractéristiques du trafic routier, mais l’importance de ce phénomène doit être précisée en conditions réelles. 

Concernant les interactions avec la pollution atmosphérique et le changement climatique, le Comité d'experts spécialisés (CES) recommande d’améliorer les connaissances sur :

  • l’action des polluants atmosphériques, dont l’ozone, le dioxyde d’azote et particules sur les plantes et les pollens ;
  • la co-exposition d’une personne allergique aux pollens et à la pollution chimique atmosphérique ;
  • les facteurs climatiques influençant la quantité de grains de pollen produits et émis ainsi que la production d’allergènes dans le pollen (cinétique, quantité, température, stress, humidité...) et les éventuels liens avec le changement climatique. 
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Etat des connaissances sur l’impact sanitaire lié à l’exposition de la population générale aux pollens présents dans l’air ambiant
Janvier 2014
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